Par Ousseynou GAYE

 

Libasse Diop Colonel

Le 25 décembre, au moment où la communauté chrétienne célèbre Jésus (PSL), les layènes sont devant le mausolée du Messie Seydina Issa Rouhou Lahi (PSL) pour les besoins de l’Appel  initié par le Docteur de la Jeunesse Chérif Ousseynou Lahi (RTA).

 Le thème de cette année est : « jeunesse et citoyenneté : Seydina Issa Rouhou Lahi, un modèle » animé par Chérif Mouhamadou Lamine Lahi, porte-parole de Seydina Abdoulahi Thiaw Lahi, le Khalif des Layènes. « Ce jour est dédié à Seydina Issa Rouhou Lahi car nous nous inspirons de sa vie et de son œuvre », informe Libasse Diop Colonel, président de Farlu ci diiné ji Ansaarou Lahi, université Seydina Issa Rouhou Lahi et organisateur de la manifestation. Notre interlocuteur explique le choix du thème en revenant sur l’exemple de Seydina Issa Rouhou Lahi, né à Dakar, l’une des quatre communes. Et en tant que citoyen français, Mame Seydi avait sa carte d’électeur. Il respectait la loi. C’est le seul marabout qui votait, accomplissant ainsi son devoir de citoyen. Il a toujours pensé à sa communauté avec deux avocats, un pour lui-même et sa famille, un autre pour la communauté Layène. Il avait son médecin personnel. Et un médecin pour le village. « Ce sont des actes citoyens », juge  Libasse Diop Colonel. « Seydina Issa Rouhou Lahi avait ses propres champs qu’il cultivait lui-même. Tout ce qu’il produisait lui suffisait. Aussi, il avait offert à chaque père de famille un champ. Et si quelqu’un avait des difficultés, il lui venait en aide. Il avait mis des règles à respecter dans le village. Voici les actes citoyens posés par Seydina Issa Rouhou Lahi ».

  Libasse Diop de révéler que le Messie avait également organisé un système consistant à faire travailler les femmes dans les champs pour couvrir les dépenses quotidiennes. Les femmes issues de ménages polygames se relayaient à tour de rôle dans les champs sis au marché Kermel où elles logeaient pour ne rentrer au village que le jour où elles devaient s’occuper de leur mari. En outre, avant l’indépendance du Sénégal, Seydina Issa Rouhou Lahi a demandé à la France de doter notre pays d’infrastructures routières et ferroviaires. « Cela est visible dans le livre de Versailles », informe le président de Farlu ci diiné ji pour magnifier la dimension internationale du fils de l’Homme. Seydina Issa Rouhou Lahi habitait dans une maison en bois. Mais avait construit une mosquée en ciment. « Aujourd’hui les gens privilégient plutôt leur maison que la maison de Dieu », note Libasse Diop Colonel. Il avait également installé deux écoles francophones et des Dahras. A leur descente de l’école, les élèves apprenaient le coran. C’est dire qu’il n’avait rien laissé au hasard.

 L’appel de la jeunesse initiée par Chérif Ousseynou Lahi, guide moral de Farlu ci diiné ji est liée à la commémoration de l’Appel de Seydina Limamou Lahi (PSL). « Au départ, l’appel de la jeunesse avait lieu un mois après la commémoration de l’Appel (du Mahdi).On mettait deux semaines à préparer l’Appel dont deux à trois jours chez Chérif pour accueillir les pèlerins. On n’avait même pas le temps de suivre les activités à Cambérène, Ngor et Yoff. C’est la raison pour laquelle Chérif nous invitait à passer une journée avec lui pour visualiser toutes les vidéos prises lors de cette manifestation. Après avoir fini le repas, Chérif tenait un discours destiné à encourager la jeunesse », informe notre interlocuteur.

 Pendant plus de dix ans,  l’appel à la jeunesse a été ainsi célébré. La première édition s’est tenue en 1993. Pendant trois ans, la manifestation se tenait chez Chérif Ousseynou Lahi. « Mais la maison ne pouvant plus contenir les disciples, elle a été délocalisée devant la maison du guide religieux pendant deux ans », souligne Libasse Diop Colonel. C’est le défunt Khalif Seydina Alassane Thiaw Lahi qui a donné à Chérif Ousseynou Lahi l’autorisation de déplacer l’évènement à la place Jamalaahi de Cambérène. C’est de là que la date du 25 décembre a été retenue pour lancer un appel à la jeunesse « parce qu’une jeunesse sans repère est une jeunesse perdue. Et si la jeunesse est perdue, les fondements du pays sont remis en cause ». Chérif Ousseynou Lahi était une référence. Il lançait un appel pour dire aux jeunes de travailler, de devenir plus responsable. Lorsque les jeunes se ruaient sur les pirogues de fortune pour immigrer clandestinement, Chérif Ousseynou Lahi leur a demandé de ne plus prendre les pirogues. Il leur a montré que ce qu’ils font est contraire à l’islam. L’essence de l’appel est donc de chercher à changer le comportement des jeunes. « Nous voulons des jeunes dynamiques, des jeunes responsables, travailleurs, conscients de leur avenir ».