L’exemple de Malika.

Par Alaa Indé Laye Ba

A n’en pas douter, Malika constitue une exception dans l’organisation des cérémonies de mariages collectifs. En effet, cette activité majeure de la communauté réunit également les couples des confréries tidianes et mourides avec leurs représentants officiels. La révéla-tion est d’Abdoulaye Mbaye gérant le Multi-service Sope Serigne Ablaye ak Ndjabootam à Malika.

Malika

 

En compagnie du jeune Mamadou Sow, il revoit, pour Waa SOODAAN, ses statistiques sur le nombnre de mariages contracté depuis que Baye Seydi Thiaw en a donné la ferme recommandation. Près de 180 mariages depuis le 24 novembre 1984. Le premier enfant né de ces unions a vu le jour en 1986. Il s’appelle Libasse Sène.

« Nous n’avons pas encore oublié la manifestation qui a eu lieu ici à Malika et au cours de laquelle, après d’intenses séances de zikr, le Khalif demanda à chaque garçon de lui dire la fille qu’il aime pour qu’il les unisse par les liens du mariage », se souvient imam Mamadou Sakhir Gadiaga, fils de l’imam ratib de Malika, Demba Gadiaga. « Ce ne fut pas aussi automatique », ajoute-t-il. En effet, ce n’est que l’année suivante que Baye Seydi Thiaw donna officiellement le coup d’envoi de ces mariages, concrétisant ainsi un enseignement de Seydina Limamou Lahi aleyhi salatou was salam.

« C’est l’Imam qui a instauré le «an nikaahou tafwiid». C’est à dire que c’est le jour même du baptême, devant des témoins, que le père de la fille donne sa fille en mariage. Les conditions de réalisation de cet acte sont: la dot, la présence des parents et les témoins. Si la fille grandit et aime son mari, elle rejoint le domicile conjugal sur demande de ce dernier. Au cas contraire, le divorce est prononcé ».

Autre point important, la dot. Chez les layènes, le minimum est demandé conformément à l’enseignement de Seydina Limamou : « Le mariage le plus béni est celui où l’on a dépensé le moins d’argent », a recommandé le prophète Mouhamed (PSL) qui lors de sa 1ère mission a unis des couples à plusieurs reprises sans qu’aucune somme d’argent ne soit versée parce que les hommes étaient démunis.

« Malheureusement, le matérialisme domine aujourd’hui lors de certains mariages. Mais ces unions célébrées en grande pompe dans des hôtels et dans la presse ne durent que le temps d’une rose et finissent par éclater au vu et au su de tout le monde », souligne Mamadou Sakhir Gadiaga qui ajoute : « A titre d’information, une dame qui a négligé son mariage célébré lors de la 1ère édition à Cambérène est restée jusqu’à présent sans mari. »

Pour en revenir au cas de Malika, l’imam Sakhir révèle que la Commission en charge de l’organisation des mariages collectifs prend trois mois pour voir et les couples et leurs parents afin d’éviter tout quiproquo.

Et le jour J, Malika se particularise. Sous le préau, se regroupent toutes les confréries, chacune avec ses listes de mariages à sceller. Ainsi, le nombre de mariages est divisé entre les représentants des confréries. C’est l’Imam Libasse Gadiaga plus connu sous le nom de  Baye Ndjine Dior, frère de l’imam ratib qui coordonne les cérémonies. Chez les tidianes, on note la présence du grand moukhadam Serigne Abdou Ngom, de même que les imams Ahmed Thiam, Abdoul Aziz Fall, Abdoulaye Bousso. Les mourides sont représentés par l’Imam Balla Mbaye, représentant du khalif général des mourides. Et tout est fait à l’unisson. « Il arrive dès fois que tous les mariages ne soient scellés que par les représentants des confréries tidiane, mouride ou khadre ».

« C’est dire, donc, que la localité vit pleinement cet enseignement de Serigne Ablaye qui a toujours respecté les différentes confréries », se réjouit Sakhir Gadiaga qui en profite pour faire remarquer que l’un des muezzins de la grande mosquée layène est un tidiane.

Au finish, l’imam Sakhir répond aux détracteurs de la communauté de l’Imam de tous les imans. 

« Entre celui qui offre des préservatifs aux enfants et celui qui donne très tôt l’enfant en mariage, qui des deux est pédophile? » se demande l’imam Sakhir Gadiaga. Ce ne sont ni les préservatifs ni les méthodes contraceptives qui vont protéger les filles mais bien ce que Dieu appelle « wal moukh sanaatou minan nissaa-i’ », à savoir le mariage.

Paru dans le N°2 de Waa SOODAAN du 1er mars 2014